occupation colisée

communiqué

Depuis le 22 mars, nous, précaires, artistes et techniciens intermittents du spectacle, occupons le Colisée de Roubaix et le Ballet du Nord comme une centaine d’autres lieux en France. Tous les jours, des gens viennent nous témoigner leur solidarité, nous dire combien les spectacles et les pratiques amateures leur manquent. Passé le message de soutien au mouvement, les mêmes questions reviennent souvent : ce que vous demandez, c’est la réouverture ? Comment ça se fait qu’il y a des théâtres occupés aussi par les étudiants et les chômeurs ? Est-ce que vous dormez là ? Pourquoi ?

On s’est dit que peut-être vous vous posiez les mêmes questions… 
Alors voilà, le plus brièvement possible, nos revendications et l’esprit de notre mouvement.

Nous demandons :

  • Le retrait pur et simple de la réforme de l’assurance chômage
    Car il est inacceptable de durcir les conditions d’accès au chômage en période de crise.
  • La prolongation de l’année blanche pour les intermittents et son extension à tous les autres secteurs de l’emploi jusqu’à la reprise totale de l’activité.
    Car les secteurs les plus impactés, comme celui du spectacle, sont ceux qui emploient en discontinu.
  • Le financement de tout le secteur culturel, avec des moyens publics pérennes pour la création et la diffusion ainsi que le soutien aux pratiques amateures.
    Car la culture est un besoin essentiel, source d’épanouissement individuel, d’ouverture et de lien à tous les niveaux de la société.
  • Le maintien des droits sociaux
    Car ces protections acquises au cours de l’histoire sont fondamentales, quoi qu’il en coûte.
  • L’accès au congé maternité et la protection en cas de maladie sans conditions de cotisations
    Car il est indigne de refuser les soins aux plus vulnérables d’entre nous.
Carte de France des occupations et mobilisations à la date du 24 avril 2021

Nous communiquons beaucoup entre lieux occupés. On se soutient, on s’informe des actions menées chez les un.e.s et les autres. Le théâtre de L’Odéon à Paris, qui a initié le mouvement, reste le coordinateur des revendications qui sont portées aux différents ministères. Chaque lieu qui se déclare occupé entre dans la boucle et participe à la ratification des articles de revendications.
Tous les jours ont lieu des Assemblées Générales, des Agora avec les partenaires, les citoyen.ne.s où l’on témoigne, pense et débat. On s’accueille, on se parle, on s’écoute. Derrière tout cela c’est un modèle de société que nous défendons.

Mais nous ne nous sentons pas légitimes à porter tous les combats ; nous parlons de ce que nous connaissons. Et nous encourageons toutes les branches impactées à se mobiliser, poser des banderoles, faire porter leurs voix et leurs revendications. Et mettre le gouvernement devant ses responsabilités.

Voilà pourquoi nous occupons.

Dormir sur place c’est symboliquement « avoir les clés ».
Tant que nous sommes là, c’est qu’il y a mobilisation.
Tant qu’il y a une lumière allumée, c’est qu’on résiste !

#NOCULTURENOFUTURE
– Nos cultures, nos futurs

Occupation Colisée